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    "La flûte et son jeu" par Th. Böhm

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    celestin
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    "La flûte et son jeu" par Th. Böhm

    Message  celestin le Lun 11 Sep - 11:02



    Auteur : Théobald Böhm
    Traducteur : Thierry Labat
    Editeur : Aug. ZURFLUH (Paris), 1994

    Voici deux extraits de cet ouvrage de référence, sur la formation du son et le mouvement des doigts :

    "La progression du plus facile vers le plus difficile est, en toute chose, la meilleure méthode, et l'on ne devrait pas, lorsqu'on joue une nouvelle flûte, commencer par les aigus et les graves, plus difficiles à produire, mais par le registre médium, dont le do4 est le plus facile à émettre pour un débutant.

    Lorsqu'on a trouvé la bonne embouchure, qui permet d'émettre cette note clairement dans un piano délicat, il faut graduellement, sans en élever la hauteur, l'enfler jusqu'au forte, puis la ramener jusqu'au plus faible pianissimo.

    Une fois cet exercice parfaitement réalisé, on passera à la note inférieure de la manière suivante. Tandis qu'on joue le do4 avec un son beau, clair et pur, on ferme la clé de do d'un mouvement rapide, mais sans altérer l'embouchure ni la force du souffle. Le si ainsi obtenu doit conserver, uniment, la qualité et la pureté du précédent do. On jouera alors un si seul, et, après une nouvelle respiration, on descendra au sib. En poursuivant de cette manière, et en veillant toujours à ne pas altérer l'embouchure, passez successivement aux notes graves, graduellement, avec aisance et assurance et jouez de la même façon toutes les notes du do4 à la plus aiguë. Chaque note étant jouée indépendamment de la précédente, laquelle est déjà aussi parfaite que possible, toutes les notes garderont le même niveau de qualité, de force et de pureté.

    Aussitôt qu'on aura une bonne assurance dans le contrôle de l'embouchure, on s'attachera à pratiquer toutes les gammes majeures et mineures; puis les intervalles de tierces, quartes, quintes, sixtes, septièmes et octaves, en sorte d'accoutumer l'embouchure au franchissement des grands intervalles; l'on sera donc bientôt en mesure d'aborder les plus grands sauts d'intervalles avec une bonne embouchure, donc avec sécurité dans le jeu." (Le développement du son, pp. 45-46)



    "Beaucoup de flûtistes ont en outre la mauvaise habitude de lever les doigts non seulement trop haut, mais encore à des hauteurs différentes, ce qui complique encore les enchaînements difficiles; il est bien évident, en effet, que lorsque plusieurs clés doivent être fermées en même temps, les doigts ne pourront pas les fermer au même instant, si l'un d'eux a plus de distance à parcourir que les autres.

    Il y a un autre inconvénient à lever trop haut les doigts : lorsqu'on ferme rapidement les clés, on entend distinctement un désagréable cliquetis; dans le même temps, les clés reçoivent un choc, et le mécanisme un contrecoup, qui leur sont manifestement néfastes. Si au contraire les doigts se tiennent juste au-dessus des clés, la fermeture brutale sera à peine audible, et ne sera pas suivie d'un rebond.

    Les doigts, donc, doivent se tenir à hauteur égale, et pas plus haut que nécessaire. A cette fin - du fait que la plupart des flûtistes n'ont pas conscience de la position de leurs doigts - je conseille à mes élèves de se tenir devant un miroir en pratiquant leurs gammes. Ils sont ainsi à même de voir le mouvement des doigts et la tenue générale de la flûte, mais aussi de détecter beaucoup de mauvaises habitudes, telles que l'altération des traits, ou les mouvements superflus de la tête, des bras et du corps." (La méthode de pratique, pp. 48-49)

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